OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 A quand un observatoire des média sociaux ? http://owni.fr/2010/04/19/a-quand-un-observatoire-des-media-sociaux/ http://owni.fr/2010/04/19/a-quand-un-observatoire-des-media-sociaux/#comments Mon, 19 Apr 2010 12:24:29 +0000 See Mee http://owni.fr/?p=12579

Photo CC Flickr Zoltan Papp.

Il manque une structure officielle qui pourrait fournir des données en nombre ainsi que des analyses, et pas uniquement sous l’angle de la technique et de l’économie : c’est comme pratiques culturelles que les media sociaux doivent aussi être étudiés.

Il y a des sujets récurrents que je me lasse d’avoir à lire et relire sans cesse. Même quand cela parle du blogging, qui est pourtant mon sujet de prédilection.

Néanmoins, je me suis intéressée au billet de Jean Véronis qui se saisit d’une question à la mode en ce moment, celle de La mort des blogs, pour en interroger sa pertinence.

En faisant l’hypothèses de la désaffection de Skyblog au profit de Facebook, l’article du linguiste-informaticien révèle surtout que le manque de données rend difficile tout diagnostic sur cette question… et tant d’autres !

Cela m’a donné envie de réagir, tout en étant bien consciente que je ne suis pas une experte, et que mes recherches pourraient être plus poussées… si j’avais le temps.

Dominique Cardon, Le design de la visibilité : un essai de typologie du web 2.0

— Une lacune de données

Qui n’a jamais cherché de données sérieuses sur lesquelles s’appuyer pour parler de l’environnement bloguesque, de l’usage des média sociaux ? Et qui en a trouvé ?

Les données disponibles sont bien pauvres et dispersées. À commencer par des chiffres bruts : personne ne sait, même à 10% de marge d’erreur — même à 100% de marge d’erreur ! — combien il existe de blogs en France, encore moins combien sont actifs.

Les plate-formes d’hébergement sont d’ailleurs peu bavardes sur la question. Et quand bien même, si quelques chiffres sont fournis parfois (ex. en commentaire du billet de Véronis, par Overblog), sans une démarche globale et méthodique, impossible de croiser les données pour en tirer des informations exploitables.

Je ne suis pas pour la mise en place de systèmes qui contraignent et surveillent, mais, parfois, j’en viens à souhaiter l’existence d’une sorte de grille d’observation partagée. Les plate-formes pourraient y déclarer quelques données de bases indispensables, comme celles que l’article et les commentaires chez Véronis pointent comme manquantes.

— Une approche scientifique trop circonscrite

Tout de même, un observatoire des média sociaux (les blogs seuls, ce serait trop limité pour décrire un écosystème cohérent) ne mériterait-il pas d’exister ? L’idée n’est pas neuve (voir ici et ), il y a même un blog qui en porte le nom, et l’IFOP propose quelques données actualisées sur les réseaux sociaux.

Mais qu’en est-il d’une structure « officielle » sinon publique, qui serait capable de produire des chiffres en quantité, et des observations approfondies ?

Eh bien, figurez-vous qu’il existe déjà une structure de ce type, créée par Carignon en 2005 : c’est l’observatoire des pratiques numériques culturelles, à l’IRI (Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou).

Mais faites une recherche sur son intitulé et voyez ce que cela donne… A-t-il récemment produit des résultats intéressant le plus grand nombre ? Nous donne-t-il les informations que nous recherchons ?

Aucune étude ne nous dit qui sont les blogueurs, quel est le profil sociologique des usagers des réseaux sociaux, quelle part prennent ces activités dans nos occupations, de quelle manières celles-ci sont orientées…

C’est comme si ce phénomène ne valait pas la peine d’être étudié autrement que dans ses aspects technico-économico-marketing, notamment par ceux qui veulent faire du fric et conquérir de nouveaux marchés, ou développer de nouveaux dispositifs avec.

Tout n’est pas à jeter (cf. la très intéressante étude de Dominique Cardon, Orange Labs : Le design de la visibilité : un essai de typologie du web 2.0, certes. Mais il y a tellement d’autres dimensions qui ne sont jamais explorées par les chercheurs !

— Une focalisation sur le vecteur

Même si les usages numériques commencent timidement à être reconnus comme vecteurs de pratiques culturelles, ils ne sont pas encore vraiment abordés comme des pratiques culturelles à part entière.

On apprend quels sont les usages de l’Internet, on découvre (ou pas !) que les « écrans » sont des « supports privilégiés de nos rapports à la culture » et que plus les gens les utilisent fréquemment, plus ils vont également au cinéma, au musée, lisent de livres, etc.

Malgré son titre prometteur, « Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique », cette enquête nous apporte peu d’enseignements sur les nouveaux usages, ce qui n’a rien de surprenant…

Voici ce que j’ai trouvé : 23% des Français de plus de 15 ans ont une activité en amateur sur ordinateur, dont 12% écrivent un journal personnel et 7% ont créé un blog ou un site personnel (hors photographie et vidéo, source : pratiques culturelles 2008, DEPS, Min. de la Culture et de la Communication).

À part cela, peu de choses. Tout est abordé sous l’angle des pratiques culturelles habituelles, le numérique n’étant qu’un moyen.

Cette porte d’entrée ne conduit-elle pas à entretenir l’opposition manichéenne entre les anciens et les modernes ? Placer les TIC dans une position de vecteur entretient l’idée qu’elles vont tuer le livre, le cinéma, le disque, les journaux d’information, voire les relations sociales, l’autorité, les valeurs morales et que sais-je encore ! À force de se concentrer sur des sujets épars, on finit par construire une image diabolisée qui révèle surtout nos fantasmes collectifs.

Commençons par travailler à une compréhension plus globale et hors des polémiques, qui remette les choses en perspective !

— D’autres perspectives

Qu’est-ce qu’évoluer dans le monde d’Internet aujourd’hui ? Comment intégrons-nous ces média dans nos occupations quotidiennes ?

Quels impacts les blogs et autres réseaux sociaux interviennent-ils dans la manière qu’a la société – ou au moins les gens qui les fréquentent et les nourrissent – de s’informer, s’exprimer, s’impliquer, se lier, se représenter les uns les autres… et aussi s’épanouir, créer, se socialiser, être citoyens ?

Considérons tout ce « temps de travail » bénévole cumulé, cet investissement que nous y avons tous : on ne peut pas dire que cela soit quantité négligeable ! Je suis même certaine que, en observant pratique du blogging et usage des réseaux sociaux, on peut aussi comprendre comment, et peut-être vers quoi, nous sommes en train d’évoluer dans nos rapports sociaux.

Pour ce que j’en sais, on dirait que les recherches se focalisent sur certains effets « tendances » alarmistes qui ne sont sans doute que des épiphénomènes, ou tout au moins abordent les questions uniquement par des aspects très circonscrits et posant problème (genre « jeux vidéo et addiction » dont on nous rebat les oreilles depuis des années).

Où trouve-t-on les plus intenses des débats et les plus intéressantes des réflexions sur le blogging ? Sur les blogs eux-mêmes !

Et loin d’être des échanges sclérosants, ceux-ci touchent à tous les domaines des sciences humaines (économie, sociologie, ethnologie, psychologie et même psychanalyse, communication, étude des média, sémiologie… ou un peu de tout cela).

On sent que les média sociaux sous-tendent des enjeux majeurs… mais combien de chercheurs travaillent-ils dessus ?

Qu’attendent les pouvoirs publics pour s’intéresser à la part sociale (et pas seulement sociologique, d’ailleurs) et culturelle de cet environnement technologique qui ne cesse de se développer ?

Billet initialement publié sur En attendant BlogExperience

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Le Nuclear Summit de Washington, avec @YLeterme http://owni.fr/2010/04/13/le-nuclear-summit-de-washington-avec-yleterme/ http://owni.fr/2010/04/13/le-nuclear-summit-de-washington-avec-yleterme/#comments Tue, 13 Apr 2010 11:24:43 +0000 Damien Van Achter http://owni.fr/?p=12157

MAJ 13/04: Yes, He Did :-)

En route pour le Sommet sur le nucléaire à Washington. Deux jours de réunion avec une 40aine de pays à l’initiative de Barack Obama. Au retour, ce sera l’heure du dossier BHV.

Le premier tweet d’Yves Leterme ne remonte peut être qu’à la dernière pluie, lesquelles s’enchaînent assez vite, surtout ici en Belgique, mais force est tout de même de constater que depuis le 4 février, date de son dépucelage tweetesque, les échanges entre notre Premier ministre et la twittosphère néerlandophone belge se déroulent sur un ton très intéressant, qui laisse augurer de quelques belles joutes communicationnelles, voire plus si affinités. Pourquoi ? Tout d’abord parce que, manifestement, Yves Leterme ne laisse à personne d’autre que lui le soin de blackberryser ses tweets, que se soit lors de son dernier voyage officiel en Asie ou dimanche dans son divan devant Paris-Roubaix. Ce qui est un fort bon départ en la matière vu que tout le monde ne s’appelle pas Barack et qu’il vaut toujours mieux un tweet humain dans la langue de Vondel qu’un tweet pasteurisé dans celle de Nivelles (ou Bastogne. ou Liège, au choix)

Voilà, je viens de comprendre comment "follower" quelqu'un :-) Merci pour tous vos conseils !

Intéressant aussi parce qu’il est en mode low profile, conscient que nul n’est à l’abri d’un fail (surtout lui, remember la Brabançeillaise) et qu’on a rarement l’occasion de faire deux fois une première bonne impression (sauf lui, puisqu’il a tiré la carte “same player shoot again“). Pas de déclaration fracassante mais quelques @reply bien sentis et des petits gestes qui entretiennent une bonne atmosphère en attendant de découvrir comment fonctionne le bouton pour se mettre à l’écoute des autres gazouilleurs. Troisième initiative web-friendly, à défaut d’être récente ou novatrice, le compte Flickr alimenté en fresh pictures d’agence. D’où d’ailleurs la non-licence Creative Commons, dommage … Enfin, et c’est sans doute pour cela que l’arrivée piano ma sano du Premier ministre sur Twitter m’excite le plus (oui, j’ose leterme), c’est qu’elle advient alors que l’actualité politique belgo-belge va à nouveau grimper dans les tours – je ne vous fais pas le pitch de BHV, @jeanlucdehaene le fera mieux que moi- et que je ne doute pas un seul instant que les autres twittos élus du plat pays ne manqueront pas d’alpaguer Yves sur la voie publique numérique.  Et c’est là que les choses vont vraiment devenir intéressantes !

Vu le nombre de perchés ayant désormais accès au balcon des festivités, ne pas répondre ou botter en touche à la sauce média 1.0 sera de facto considéré comme un aveu de faiblesse, voir pire, comme une reconnaissance de culpabilité… avec un nouveau bashing 4 étoiles bien lolesque à la clé (cf. le T ci-dessus, tissé en son temps avec amour et à la main par de vilains pirates) Bref, tout ça pour vous dire que Yves vient d’arriver à Washington, qu’il n’a pas dormi des masses, qu’il rencontre en ce moment le sénateur US @MarkWarner et qu’avec un peu de chance, comme l’avait fait avant lui @VincentVQ,  il balancera peut-être même un ou deux tweetpics depuis le conseil des ministres … Who knows ?  :-)

Billet initialement publié sur Blogging the news

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La soif de simplicité : dans les médias, aussi… http://owni.fr/2010/04/12/la-soif-de-simplicite-dans-les-medias-aussi%e2%80%a6/ http://owni.fr/2010/04/12/la-soif-de-simplicite-dans-les-medias-aussi%e2%80%a6/#comments Mon, 12 Apr 2010 08:41:57 +0000 Marie-Claude Ducas http://owni.fr/?p=12012

Photo CC Flickr webtreats

Les journalistes passent-ils trop de temps sur les réseaux sociaux ? Certains, et pas des technophobes hostiles à l’évolution du métier, prônent la sobriété en la matière, rapporte Marie-Claude Ducas, blogueuse canadienne qui arrive sur la soucoupe. Le débat est ouvert !

À la fin de mon dernier billet, où je parlais des inconvénients de la complexité, je promettais de revenir sur le sujet, en abordant les implications qui ont trait aux médias. De la même façon qu’on voit se dessiner un « backlash » contre l’excès de choix et la complexité dans les produits, écrivais-je,  j’ai aussi l’impression de voir émerger un besoin de simplicité, de cohérence et de crédibilité en ce qui concerne les médias.

Malcolm Gladwell : "Quand on est au milieu d'une révolution, on a parfois besoin de s'arrêter pour en évaluer les conséquences."

Or, la journée même, la directrice de la Grande Bibliothèque et ex-directrice du Devoir, Lise Bissonnette, se questionnait sur les effets pervers de la multiplication des blogues et l’omniprésence des réseaux sociaux, en tenant ces propos, rapportés par Le Devoir le lendemain : « Les énergies des meilleurs journalistes sont “dispersées” et “la communauté de placoteux” qui commente au bas des textes et autres entrées forme un “public gazouillant” qu’on prend à tort pour l’expression de l’opinion publique ». Dans son blogue, Nathalie Collard, depuis peu chroniqueuse médias à La Presse, a relancé la question : bien plus que la perte de temps, le vrai danger, estime-t-elle pour sa part, est que les journalistes dérapent, que leurs écrits dépassent leur pensée, et que leur objectivité soit remise en question. Ce qui est drôle, c’est de voir que  les commentaires sur le blogue de Nathalie Collard donnent plutôt raison à Mme Bissonnette, alors que ceux qui ont commenté l’article d’Antoine Robitaille dans Le Devoir se montrent dans l’ensemble assez critiques, lui reprochant entre autres son manque de connaissances et d’ouverture face aux nouvelles technologies, et aux changements qu’ils entraînent…

Tyler Brûlé, fondateur de Monocle : "Le monde a besoin de moins de bavardage. Pas d'en ajouter."

Ce genre de critique est toutefois plus difficile à formuler à l’endroit de quelqu’un comme Malcolm Gladwell, auteur, journaliste et conférencier que l’on s’arrache en tant que gourou ès tendances. Or, dans une entrevue publiée dans le Globe and Mail récemment , on soulignait que Gladwell lui-même ne « twitte » pas, n’entretient par de page Facebook, et n’a pas de blogue à proprement parler (enfin, techniquement, oui, mais il l’alimente 3-4 fois par an). Gladwell soulignait pour sa part que « il y a une limite à ce qu’on peut faire dans une journée » : « I have books, I write for the New Yorker. If I gave people any more, they’d get sick of me. » Il possède un Blackberry, mais le laisse de côté fréquemment.  « Any innovation, at the end of the day, is usually a net good. But that doesn’t mean there aren’t significant and sometimes adverse consequences that we need to find another way to deal with. While we’re in the midst of the revolution, we need to stop and talk about its broader consequences », souligne-t-il aussi.

Ces propos recoupent, de façon frappante, ceux tenus par une autre personnalité qui fait aussi figure de gourou ès tendance, dans un registre un peu différent : Tyler Brûlé, éditeur, rédacteur en chef et fondateur de Monocle, ce success-story international aussi éclatant qu’inattendu dans l’univers des médias imprimés en général, et des magazines en particulier. Tyler Brûlé s’était auparavant fait connaître en lançant le magazine Wallpaper.

Et, attention, voici le scoop du jour : l’entrevue en question n’a pas encore été publiée. Elle le sera dans la prochaine édition du magazine Infopresse, celle de mai-juin, et dont la première distribution sera lors de la soirée de remise des Prix Média, le 28 avril prochain. Je n’ai pas l’habitude de me servir de ce blogue pour faire de l’ »autoplogue » à outrance, et je n’ai pas l’intention de commencer. Mais ici, vraiment, cela coule de source. Et franchement, je suis tellement enthousiasmée par cette entrevue, que j’ai envie d’attirer l’attention sur ce que l’on y dit, et sur ce que tout le monde dans les médias, tant gestionnaires que journalistes, peuvent en retirer. Le modèle d’affaires de Monocle, et la vision de Tyler Brûlé, sont un vrai vent de fraîcheur et d’optimisme, après ces temps de grisaille et d’insécurité qui ont sévi dans tout ce qui s’appelle média « traditionnel ». Voici seulement quelques-uns de ses propos les plus  frappants :

« En 2009, nous avons enrichi notre présence audio et vidéo, mais sans nous laisser distraire, sans essayer de suivre à tout prix chaque nouvelle tendance sur les réseaux sociaux. Nous n’avons pas essayé de transformer tous nos correspondants en blogueurs. Nos gens se concentrent sur ce qu’ils savent faire. Cela, je crois,  nous a valu le respect de nos lecteurs et de nos annonceurs. »

« La discipline qui guide notre entreprise, au départ, est celle de l’imprimé. Et cela influence tous nos produits, même audio et vidéo. »

Lui non plus ne tient pas de blogue : « La dernière page du Financial Times, où je signe une chronique chaque semaine, constitue un endroit beaucoup plus intéressant où se trouver. Les gens n’ont pas besoin d’entendre parler de moi tous les jours ; pas plus qu’ils n’ont besoin d’entendre parler tous les jours de nos directeurs de rédaction ou de nos journalistes. (…) Lors des Olympiques de Vancouver, les correspondants de la BBC bloguaient constamment… Je n’ai pas le temps, comme consommateur, de m’engager là-dedans. Je veux connaître les résultats ! Je n’ai pas besoin de tout le bavardage entretemps. Le monde a besoin de moins de bavardage. Pas d’en ajouter. » Et cela ne donne qu’un faible aperçu du contenu de l’entrevue, qui fait plusieurs pages.

L’autre lien entre ce blogue et le magazine, c’est que ce billet et celui que j’avais publié il y a trois jours me servent en quelque sorte à décanter la matière de ma prochaine chronique : je veux revenir, en arrivant à la synthétiser, sur cette notion d’un plus grand besoin de simplicité, de fiabilité, de références communes. Qu’est-ce que cela donnera ? Il me reste encore moi-même à le découvrir (ce qui me fait réaliser que je me réserve probablement un beau week-end… C’est la vie).

Billet initialement publié sur le blogue de Marie-Claude Ducas, repéré via Alain Joannès… sur Twitter

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Liberté d’expression: défendre Le Monde, Twitter et Facebook ! http://owni.fr/2010/04/02/liberte-dexpression-defendre-le-monde-twitter-et-facebook/ http://owni.fr/2010/04/02/liberte-dexpression-defendre-le-monde-twitter-et-facebook/#comments Fri, 02 Apr 2010 11:55:44 +0000 Eric Scherer http://owni.fr/?p=11416 Étonnant, voire inquiétant ! Pratiquement aucun journaliste média ou société n’est venu ce matin couvrir la conférence de presse à Paris de RSF et de la Quadrature du Net intitulée Liberté de la presse, liberté numérique : deux combats inséparables ?”.

Il y a donc du chemin à faire, comme le dit Damien Van Achter, de la RTBF !

Pourtant, assure Jean-François Julliard, directeur de Reporters Sans Frontières, “nous ne faisons pas de différence entre les anciens et les nouveaux médias. Ce sont deux combats qui vont de pair. Nous défendons autant Le Monde que Twitter ou Facebook”

“Et nous sommes inquiets de la montée de la censure sur Internet qui sévit désormais dans un tiers des pays de la planète. Il n’y a pas que la Chine ou le Vietnam. Nous sommes inquiets de la répression sur les “Net citoyens”, gens qui bloguent et qu’on met en prison”.

Aujourd’hui, il y a 180 journalistes en prison et 120 Net citoyens. Dans un an ou deux, il y aura plus de Net citoyens que de journalistes. Cela prend une importance croissante.”

Lors de cette conférence, organisée par l’Association des journalistes européens, Julliard a cité deux pays mis sous surveillance: la Turquie et la Russie, où “l’Internet était plus libre que les médias traditionnels, mais qui sont en train de basculer, en raison d’une prise de conscience tardive” de l’audience supérieure des blogs par rapport aux médias traditionnels.

D’ailleurs, “beaucoup de gens sur Internet accordent plus de confiance à des blogueurs qu’ils connaissent qu’à des journalistes qu’ils ne connaissent pas”

Il a évoqué aussi l’Australie et l’Italie, comme pays ayant pris très récemment des mesures de restriction de la liberté d’expression.

Jérémie Zimmermann, co-fondateur et porte-parole de la Quadrature du Net, “organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet”, est encore plus virulent : “nous sommes confrontés à une tendance lourde de restriction des libertés numériques”: liberté d’accès à l’Internet (Hadopi, Loppsi…), filtrage ou suppression des contenus en ligne, entraves à la neutralité du net par les opérateurs téléphoniques (Paquet Télécom européen), négociations en cours entre 39 pays riches pour lutter contre la contrefaçon (ACTA).

Pour lui, “Le Monde, Twitter ou Facebook n’entrent pas dans la même catégorie. Le premier est un média, les autres sont des outils”, comme le téléphone. Mais “avant, c’était le journaliste, le filtre, aujourd’hui les rôles sont éclatés”. “D’où un changement radical dans la manière d’informer” et de nouveaux défis à l’échelle de la planète pour la liberté d’expression.

Aujourd’hui, les héros journalistes de Zimmermann sont sur le site Wikileaks qui publie de nombreux documents explosifs (il annonce des révélations sur le guerre en Irak qui y seront publiées le 5 avril) et le pays le plus avancé, l’Islande, dont le parlement élabore actuellement “les meilleures lois pour protéger journalistes et internautes”.

Billet publié initialement sur AFP-MediaWatch

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Le tout dernier petit film de Mr Oizo est sorti … http://owni.fr/2010/03/31/le-tout-dernier-petit-film-de-mr-oizo-est-sorti/ http://owni.fr/2010/03/31/le-tout-dernier-petit-film-de-mr-oizo-est-sorti/#comments Wed, 31 Mar 2010 16:56:40 +0000 Geoffrey Dorne http://owni.fr/?p=11288 J’ai suivi attentivement la diffusion du tout dernier film de Mr Oizo :-) Et bien, Il nous avait promis qu’à 17 777 followers sur twitter, il délivrait son dernier petit film.

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Cliquer ici pour voir la vidéo.

> Article initialement publié sur graphism.fr

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Sors de ce navigateur, web abscons ! http://owni.fr/2010/03/30/sors-de-ce-navigateur-web-abscons/ http://owni.fr/2010/03/30/sors-de-ce-navigateur-web-abscons/#comments Tue, 30 Mar 2010 12:28:03 +0000 Cedric Motte http://owni.fr/?p=11184

Parfois, Twitter ou Facebook peuvent sembler aussi abstrait qu'un toile de Kandinsky. Image CC Flickr jArtshooter

Parfois, Twitter ou Facebook peuvent sembler aussi abstraits qu'une toile de Kandinsky. Image CC Flickr Artshooter

Pour de nombreux néophytes, les outils du web restent abstraits, contrairement au journal papier, ce qui constitue un obstacle à leur appropriation. La solution réside dans l’utilisation de petits logiciels ou d’applications, qui rendent concrets les sites et plus encore leur usage.

[titre alternatif envisagé (et bien plus clair :) : "Rendre concrets les usages web par les applications"]

Lors de diverses prestations de conseil ou de formation auprès des rédactions, on entend souvent : “Oui mais bon, Twitter, Facebook, les blogs, Internet, c’est pas très concret tout de même.”

Dans le fond, cette remarque est inepte, puisque les contacts que l’on crée avec ces outils sont réels. En gros :
- c’est par mon blog que j’échange des idées,
- c’est par Twitter que je communique au quotidien avec ceux qui partagent les mêmes centres d’intérêt,
- et c’est avec Facebook que j’entretiens (à peu près) mes amitiés.

Dans la forme, pourtant, cette remarque n’est pas du tout idiote. Assez vite dans la discussion on arrive à un bien triste : “Pour nous, néophytes, cela reste des sites Internet, on n’arrive pas à se les approprier”.

Si pour les plus à l’aise avec le web, le fait de se balader de site en site via les favoris ne pose aucun problème, pour beaucoup cela reste abscons.
Cette perplexité rejoint l’interrogation de ce vieux billet “Qu’est-ce qu’un objet sur le web ?“. Où l’on se demandait comment rendre palpable un site web, face à la réalité tactile d’un journal.
A l’époque, nous étions restés à l’étape du questionnement, mais depuis j’ai trouvé une réponse qui satisfait un peu plus mes interlocuteurs.

Pour rendre concret un site web, et plus encore un usage web, il faut qu’il y ait une présence physique sur l’ordinateur : un petit logiciel, une application.

Cette réponse n’est pas exceptionnelle, et elle se confirme par (au moins) trois tendances qui se confirment ces derniers mois :

- Twitter, et ses applications tierces qui permettent de suivre plus efficacement le flux de messages. Souvent dans mes formations, j’explique leur fonctionnement et pousse à leur installation.

Une logique que l’on retrouve notamment chez SkyNews, qui installe désormais par défaut Tweetdeck sur tous les ordinateurs de la rédaction. C’est, à mon avis, un message clair qui est envoyé aux journalistes : Twitter fait partie de vos outils, d’ailleurs hop, voilà vous l’avez à portée de clic, vous pouvez maintenant mieux l’utiliser.
Si vous êtes responsable web ou directeur technique, je ne peux que vous encourager à le faire aussi ;)

- l’iPhone, et son App Store. Ses utilisateurs ne craignent plus d’installer une multitude de petits logiciels en fonction de leurs besoins. Ils ont dans leur téléphone des repères faciles pour obtenir telle ou telle information. Ils veulent potentiellement la même chose sur leur ordinateur – en tout cas c’est ce qu’ils auront sur leur… iPad.

- Spotify, et sa qualité d’écoute. J’étais dubitatif sur l’avenir de Spotify à son lancement, non pas par l’offre musicale mais en raison de l’obligation d’installer un logiciel. Grande erreur : manifestement cela ne gêne pas grande monde, notamment parce que l’application permet une qualité d’écoute et une navigation au sein de la discothèque bien plus efficace qu’un site web. Résultat, j’entends parler de Spotify à la sortie de l’école dans une petite commune de 8.000 habitants, en province.

Sans dire que le web via les navigateurs va disparaître, il parait clair que les applications prennent du temps de surf disponible. Une potentielle bonne nouvelle pour les médias… Mais c’est une autre histoire dont nous allons très bientôt parler :)

Billet initialement publié sur Chouingmedia

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The Weekly Best #11: Sélection des Aaaliens & Best-of d’Owni /-) http://owni.fr/2010/02/26/the-weeklybest-11-selection-aaaliens-bestof-owni/ http://owni.fr/2010/02/26/the-weeklybest-11-selection-aaaliens-bestof-owni/#comments Fri, 26 Feb 2010 15:47:35 +0000 Admin http://owni.fr/?p=9091 flying

Ces rdv sont trop rares et les bonnes résolutions trop rarement tenues! Ce billet est donc d’une densité exceptionnelle pour ce 11° #Weeklybest .

Nous vous proposons ici un best-of éditorialisé des articles les plus lus et et les plus partagés sur Aaaliens depuis près de deux mois, ainsi que les dix articles les plus lus sur la soucoupe ces dernières semaines. Détachez vos ceintures – bon surf /-)

#Aaaliens :

Journalisme

Bilan 2009, perspectives 2010

2009 aura consacré les réseaux sociaux comme de nouveaux médias de masse, et l’arrivée de l’Internet sur soi (et non plus seulement chez soi), tandis que les médias traditionnels restaient sur la défensive.

2010 devrait confirmer l’essor de l’information en mobilité (smart phones, tablette Apple, lecteurs ebook & encre électronique, téléphones Google….), du journalisme en temps réel avec recours à la géolocalisation et à la visualisation de données, mais aussi voir se développer de nombreuses nouvelles petites unités éditoriales. Côté médias classiques, le payant sur le web va être testé une nouvelle fois, sur fond d’alliances plus nombreuses entre anciens frères ennemis. Parions aussi qu’un vif débat autour de l’utilisation des données personnelles va enfin surgir.

Pourquoi les hebdos parient sur le Net

Le principal défi reste cependant de se distinguer dans l’univers bouillonnant des sites d’informations
Ces sites d’information, gratuits et basés sur la publicité, sont toujours sources de pertes pour leurs maisons mères. De nouveaux modèles économiques sont à l’étude, mais les hésitations se font sentir.

La presse hexagonale regarde passer l’ innovation technologique

Depuis les débuts de la numérisation massive, les industries françaises de contenus – musique, presse, édition, vidéo – regardent passer les innovations en ruminant de l’anti-américanisme primaire et en gémissant sur l’indifférence que les audiences – le peuple, en somme – osent manifester à l’égard de leur offre fade et monotone.
Elles ont contribué au torpillage du réseau français Cyclades qui, en 1978, intéressait énormément les pionniers américains d’internet (1). Elles n’ont pas vu arriver le CD audio, donc le DVD, preuves palpables que tout est numérisable. Elles n’ont pas vu arriver l’ADSL. Elles n’ont pas vu arriver le MP3. Elles n’ont rien compris à Napster. Elles n’ont pas vu arriver Google. Elles n’ont pas vu arriver Youtube. Elles ne voient pas ce qu’auraient pu leur apporter les lecteurs et tablettes électroniques…

Le futur des magazines sur iPad

“La tablette d’Apple bouleversera-t-elle le monde de l’édition ? L’attention s’est surtout tournée vers les livres et quotidiens. Mais il me semble que ce sont les magazines qui seront les plus transformés par l’interface.”

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Wired version iPad

Personne ne pense un seul instant qu’il devrait payer pour son journal

Entre vouloir faire payer l’information à l’internaute et y parvenir, il y a un pas. Il ne pourra s’agir que de revenus complémentaires. Déjà, les médias de masse ont toujours été financés en partie par la publicité et l’impôt. Et il y a incompatibilité entre l’information sur le web et le payant. Les groupes de média essayent de s”ortir d’un modèle totalement « ouvert » et hyper-compétitif, ou le « gratuit » est dominant, pour se construire des refuges, des niches, où ils pourront contrôler l’accès et le mode de paiement (modalités et montant).”

Séisme, mensonges et vidéo

Intox, mode d’emploi. D’un côté, des individus réactifs et fin connaisseurs du web. De l’autre, des journalistes pressés et mal formés à la vérification en ligne. La vidéo présentée par des médias comme celle de “l’ambassade de France à Haïti pendant le tremblement de terre”, capturée à la va-vite sur des plateformes, passe pour un cas d’école.

“L’avenir de la presse est dans les réseaux” par Jeff Jarvis / video – fr

À l’heure d’Internet, l’erreur des médias est de vouloir préserver leur ancien modèle économique, estime le blogueur Jeff Jarvis. Celui-ci préconise la mise en place d’un nouveau webjournalisme, basé sur la sélection et l’enrichissement de contenus. Un entretien majeur, en français / et qui en éclairera plus d’un sur ce que nous sommes en train de monter /-)

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“Les effroyables imposteurs” sur Arte, Hadopi, Loppsi2: la revanche des anti-Internet

“Les journalistes seraient plus inspirés de trouver leur place dans ce nouvel écosystème plutôt que de faire perdre l’argent à la télévision publique à tenter de démontrer avec des ficelles aussi grosses que des gazoducs que le web est dangereux.
Ils devraient la jouer “Journalistes+amateurs” plutôt que “journalistes contre amateurs”.
Se battre contre l’effroyable amateur en brandissant le sceau divin de sa carte de presse, ce n’est pas à l’honneur d’une profession qui, au fil du temps, a toujours sur prouver qu’elle était capable de s’adapter au bouleversement permanent du monde et des usages.”

Les Français commencent à lire leurs journaux sur l’iPhone

Comme sur Internet, l’enjeu est désormais de monétiser cette audience.

La culture populaire à l’abordage des sites d’infos français

Si la ligne éditoriale d’un site d’infos et les goûts des internautes ne coïncident pas toujours, il y a au moins une chose qui fait l’unanimité. C’est gagné quand l’article véhicule ou suscite une émotion, comme le montre cette étude sur les articles les plus envoyés du New York Times. Et cela reste valable même si l’article parle de cosmologie.

En anglais

BBC tells news staff to embrace social media or leave

BBC journalists must keep up with technological change – or leave, the director of BBC Global News Peter Horrocks says.

Demand Media May Be Bad for Social Media, but Not for Journalism

Production of SEO optimized content is not just a matter of “gaming” Google; It plays to the notion of tweaking the purpose of social media for marketing. In this, Demand is also neutral. Demand’s intention is not to trick consumers of corporate social media efforts into believing someone’s there to listen to them. Rather, Demand’s intent is driven by the social media plan of the corporation that commissions the content.

For newspapers, Demand’s edited, optimized content could be beneficial. As newspapers continue to downsize, many will not be able to afford freelancers for the supplemental publications that have been helping some newspapers to stay afloat. If a newspaper receives edited, optimized evergreen content at reasonable cost it will not need to end supplemental publications.

There is no new revenue model for journalism

There are three ways – and only three ways – that publishers can make money from their content: 1. Direct purchases, such as subscriptions, copy sales and tickets 2. Advertising 3. Donations, including direct contributions and grant funding.

Société numérique

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Le monde de la culture sombre-t-il dans la diabolisation de Google et de l’Internet?

“Tous ces éléments mis ensemble manifestent l’angoisse presque désespérée avec laquelle les acteurs de la Culture en France accueillent la révolution numérique. Son extension progressive à chacun des secteurs concernés a été vécue comme une montée progressive des périls. Elle touche aujourd’hui le dernier bastion, le coeur sacré du temple culturel : le livre et cela n’est pas sans importance pour expliquer la violence des réactions actuelles qui, de l’indifférence et du mépris semblent évoluer maintenant vers la haine.”

Les blogs “extimes” : analyse sociologique de l’interactivité des blogs

Le premier objectif de cet article est de mieux comprendre les motivations initiales des blogueurs de blogs personnels.Le second est plus fondamentalement d’expliquer la perception globalement positive qu’ont les blogueurs des réactions des internautes. Finalement, l’engouement que cette nouvelle activité suscite fait ressortir quatre types de motivations : témoigner, dévoiler sa personnalité (éventuellement créative), donner son avis, écrire. Ainsi, le succès des blogs extimes tient alors en partie à leur capacité à prendre en charge des besoins d’expression variés dans la population. Mais il tient aussi au caractère jugé « valorisant », « enrichissant » des réactions reçues par les blogueurs à la lecture de leurs billets.

Web : Les adolescents se détournent des blogs

“Aux Etats-Unis, le nombre de jeunes de 12 à 17 ans tenant un blog a été divisé par deux depuis 2006. Ils préfèrent les mises à jour de statuts sur Facebook, mais ignorent Twitter.”

Les surprises des pratiques des 8-18 ans

Jean-Michel Salaün revient sur une étude de la Kaiser Family Foundation sur les pratiques des médias des 8-18 ans aux Etats-Unis. Le temps d’exposition aux médias reste toujours élevé (4h29 en moyenne en 2009) au profit de la télé surtout. Télé pour laquelle si la pratique diminue, le visionnage différé augmente.

Les jeunes et les médias : un stagiaire du Figaro répond à Morgan Stanley

“Toute la City avait tremblé, cet été, après la publication par Morgan Stanley du rapport d’un de ses jeunes stagiaires, Matthew Robson, 15 ans et 7 mois, sur la manière dont les jeunes consomment les médias. Une de ses trouvailles édifiantes – les adolescents n’utilisent pas Twitter – avait fait douter les plus sérieux financiers de la pertinence de ce service.”

Education : Facebook doit entrer à l’école

Comment les enseignants peuvent-ils introduire les réseaux sociaux dans la salle de classe ? Pour commencer, les jeunes peuvent parler de ce qu’ils font sur Facebook et cie, présenter les façons dont ils opèrent des connexions entre eux, et partager les vidéos et les logiciels qu’ils ont créés. Une fois la conversation engagée, les enseignants identifient quels étudiants ne participent pas et doivent trouver les façons d’accroître la capacité d’implication de ces étudiants pour les mettre à niveau. Les enseignants peuvent gérer le projet en sélectionnant le contenu et les conversations les plus intéressantes et en les intégrant dans les troncs communs du curriculum. Si un étudiant a créé une entrée sur Wikipedia pour un groupe de musique ou une équipe sportive locale, d’autres pourraient travailler en équipe pour réviser sa contribution ou pour l’incorporer dans un projet plus large sur l’histoire locale.

La génération « post-micro »

La génération des digital natives n’est pas si à l’aise que cela avec l’informatique, explique Jean-Noël Lafargue, qui voit arriver des “étudiants « post-micro-informatique », relativement malhabiles face aux logiciels bureautiques ou de création, auxquels ils ont pourtant eu accès au collège.” Cette nouvelle génération, à l’image de celle que pointait du doigt l’étude sur les jeunes off-line et la fracture numérique, publiée récemment par la Fondation Travail et Technologie de Namur, a une connaissance de l’informatique limitée aux outils de pure récréation. Pour Jean-Noël Lafargue : “Les outils cessent d’être des vecteurs d’émancipation lorsqu’on n’en a aucune maîtrise.”

Facebook comme bac à sable

L’ubiquité, la toute puissance, l’unité enfin accomplie, la victoire contre les instances parentales, la liberté enfin retrouvée, le contact permanent avec les « bons » objets.. Mais Facebook est juste un bac à sable et les châteaux de sable que nous y construisons ne nous appartiennent pas. Tout ce que nous y produisons est tributaire des outils que Facebook nous donne.

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Comment les nouvelles règles de Facebook vont modifier le comportement des utilisateurs

Si vous êtes utilisateur de Facebook (et il y a toutes les chances pour que vous le soyez, comme 15 millions de Français) alors il y a deux choses que vous devez savoir :

Vous êtes propriétaire de vos données personnelles mais Facebook se réserve le droit de les utiliser à sa guise (cf. les nouvelles CGU : Facebook’s Great Betrayal). Si vous ne modifiez pas les paramètres de confidentialité, vos données personnelles sont maintenant accessibles à tous et indexées dans Google. Oui vous avez bien lu : Facebook n’est officiellement plus un réseau social fermé mais une plateforme sociale ouverte où n’importe quel internaute peut parcourir votre profil et les informations qui y sont affichées.

Vie privée : le point de vue des “petits cons”

Pour Josh Freed, célèbre éditorialiste canadien, c’est la plus importante fracture générationnelle depuis des décennies, qu’il résume ainsi : d’un côté, nous avons la “génération des parents”, de l’autre, la “génération des transparents”.

La vie privée n’est pas ce que l’on croit

Je vais encore une fois jouer les vieux cons, mais je trouve parfaitement superflue l’agitation actuelle autour de ce qui serait la fin de la vie privée.

Les médias sociaux et le décès de Lhasa de Sela

La frontière entre la sphère publique et la sphère privée est flexible et mince. Les gens qui utilisent les médias sociaux n’ont pas encore le réflexe de tenir compte du fait que si leur profil est ouvert, ça devient accessible publiquement. Même avec un petit nombre de contact dans ses réseaux, une “fuite” peut arriver très rapidement. Je constate qu’il y a le besoin fort de l’humain de s’exprimer et de partager ses émotions avec ses proches. Dans ce cas-ci, les deux statuts sur Facebook ont été fait sur la sphère publique parce que les profils étaient libres d’accès. Dans le cas de Mike Pincus, il avait un réseau de 29 amis, alors que Jules Beckman avais un réseau de 318 amis. Ainsi, l’effet viral de l’information et de la rumeur était déjà enclenché. Par la suite, l’information est passée dans l’univers de Twitter et en français. De là est apparue cette explosion de la nouvelle et la création de la rumeur qui est présentée plus haut.

Le Vatican évangélise le “continent digital”

2009 aura donc marqué un tournant dans l’histoire digitale du Vatican, mais le plus dur reste à faire : l’évangélisation du continent digital, tout comme à l’époque des missionnaires, prendra beaucoup de temps. L’Eglise en a conscience et s’engage dans une stratégie de petits pas qui ne fait pas peur à une institution séculaire. Mgr di Falco la résume en quelques mots : “Pour terminer, permettez-moi de citer un écrivain français, Jules Renard : « Quelques gouttes de rosée sur une toile d?araignée, et voilà une rivière de diamants. » Puissent les quelques gouttes de rosées que nous déposons sur l?immense toile internet la transfigurer aux yeux de tous en rivière de diamants”

Le flux – NT2

Le laboratoire NT2 vient de livrer une intéressante introduction au concept de flux, plus particulièrement dans l’art hypermédias. Mais ceux qui s’intéressent au sujet pourront y puiser bien des références, dans ce flux, concepteur fondateur de la culture web.

danah boyd : Ce qu’implique de vivre dans un monde de flux

L’article revient aussi sur la conférence de danah boyd au Web 2.0 : d’accord avec JM Salaun en commentaires qui estime qu’il y a [peut y avoir] contresens dans sa perception que “Dans le modèle de la distribution de l’attention en réseau, il y a encore une forme de distribution qui ne passe pas directement par les créateurs, mais par d’autres intermédiaires?”. Retour aussi sur son expérience de backchaneling via le mur Twitter public (twitterwall) durant sa conférence : la vidéo ne montre pas grand chose. Le lynchage en ligne par la foule sur Twitter serait baptisé “Tweckle” par Marc Parry…Hubert Guillaud appelle très justement à la mise en place d’une sorte de savoir-vivre ou faire dans ce type de rencontre “Il faut mettre en scène la rencontre entre le back et le front channel”

danah boyd : “Voyez-vous ce que je vois?”

Puisque nous réfléchissons à la société numérique que nous sommes en train de créer, je vous invite à réfléchir à la visibilité. Que pouvez-vous voir que vous ne pouviez pas voir avant ? Quelles réactions cela provoque en vous ? Et qu’allez-vous faire à ce sujet ? Il est peut être temps pour nous de nous colleter à la visibilité et de prendre un moment pour regarder. Prenez un moment pour voir. Et, plus important que tout, prenez un moment pour agir.

Secousses syntaxiques et tremblements motorisés : Google, Twitter et Haïti.

Face à la catastrophe de Haïti, retour sur les logiques en cours sur Google et sur Twitter qui renvoie à la structuration de l’information.

Ingénieries de la sérendipité

Quels sont les procédés de la sérendipité, ces découvertes que l’on fait sans s’y attendre, en se baladant sur la Toile ?

Twitter ou la société d’adoration mutuelle

“Dans cette production tous azimuts de contenus par tout un chacun est surgi un phénomène tout particulier avec des plateformes de réseautage social comme le blogue, Twitter et Facebook: la diffusion de soi pour obtenir la reconnaissance de soi. Ces outils sont de fantastiques machines de promotion de soi. Et les gens ne se gênent surtout pas pour les utiliser, et c’est très bien ainsi. C’est à qui fera le plus possible la promotion de lui-même afin de rejoindre un public de « suiveurs » et d’admirateurs. Seth Godin, quant à lui, appelle ça votre « tribu ». (…) Une fois que la tribu est constituée, se développe alors une société d’adoration mutuelle.”

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L’Internet comme miroir des exclusions

Internet une “merveilleuse” méritocratie ? Pas vraiment expliquait danah boyd au dernier Personal Democracy Forum, en montrant comment la répartition des populations américaines sur MySpace et Facebook relève de mécanismes d’exclusion sociale. Facebook s’est peuplé depuis les universités et les grandes écoles au détriment de MySpace qui rapidement été ostracisé, à la manière des quartiers de banlieue. Au final, les deux espaces s’ignorent totalement. Pour danah boyd, il est clair que l’internet est le reflet de nos sociétés, que c’est un espace public qui appartient d’abord aux classes dominantes. Etre sur un réseau social c’est indiquer à quelle population on s’intéresse et à laquelle on ne s’intéresse pas.

Soyons sérieux, jouons ! (1/5) : Prendre le jeu au sérieux

L’actuelle vogue des “jeux sérieux” doit beaucoup à la montée en puissance des ordinateurs et à la perfection des simulations. Du coup, le jeu sérieux quitte ”école pour investir d’autres domaines. L’entreprise, bien sûr, mais aussi la santé, voire l’action militante, car certains de ces jeux ont moins pour ambition d’éduquer sur un sujet que faire passer des idées : c’est ce qu’on appelle les “jeux persuasifs”.

Mais le progrès technologique ne résout toujours pas la difficulté, le paradoxe du “jeu sérieux” : une simulation n’est pas un jeu, comme nous le rappelle Second Life ! Or, la dimension ludique reste nécessaire pour permettre l’immersion : on ne s’investira pas dans la meilleure des simulations si l’on s’y ennuie à mourir.

Google Chrome : les 10 meilleures extensions pour les blogueurs

Comme son titre l’indique.

Politique

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Hadopi, Loppsi: les censeurs du Net s’organisent

Il eut été plus juste et plus rassurant, touchant au domaine des libertés numériques et de l’usage d’Internet, de commencer par garantir les droits des internautes. Ce n’est pas le parti pris par nos gouvernants…

La disparition du secrétariat d’État à l’Economie numérique est-elle programmée ?

Derrière la rumeur, un bilan intéressant, car contrasté, du passage de NKM à l’Economie numérique.

Les solutions pour contourner Hadopi de plus en plus qualitatives

Comment contourner Hadopi ? Le ReadWriteWeb liste les solutions et souligne que la mutation des usages est déjà en cours et qu’elle ne va toujours pas se faire au profit des auteurs et des artistes. Hélas.

Réseaux sociaux politiques : tout le monde veut son MyBarackObama.com

Nicolas Vanbremeersch fait le point sur la floraison des sites politiques sociaux à la veille des régionales : “Les créateurs de possibles, par son ignorance de la sociabilité, et la Coopol, par sa fermeture, ignorent que l’important est ailleurs. Il est là : sur le web non comme outil d’organisation, mais comme territoire réel, comme lieu de rencontre, de circulation des idées, de partage, de mobilisations de pair à pair, sans gros site qui nous mâche le travail.”

Economie

Deezer, ou les raisons d’un beau gâchis

“L’avenir du streaming ne passe manifestement pas par le Web 2.0 mais, au contraire, par la fourniture d’un juke-box logiciel léger, puissant et ergonomique. Apple a déjà montré la voix avec iTunes. Spotify ne fait que confirmer cette tendance de fond. Jonathan Benassaya ne pouvait pas ne pas l’avoir perçu. Mais avait-il seulement les moyens de changer de stratégie ? La réponse est non.”

Neo-experts, post-gourous et wannabe consultants digitaux

Vous aussi ?! Alors pourquoi ne pas vous renseigner sur l’expert digital ou l’agence avec qui vous allez bosser ?

* Un expert en blog ? Il est où son blog ? Il fonctionne ? Combien de commentaires par articles, combien de lecteurs estimés ? Depuis combien de temps existe-t-il ? A-t-il une véritable ligne rédactionnelle ou est-ce un blog “seo-oriented” ?
* Un expert Twitter ? Combien de followers ? 300 ? Ben dites donc, ça doit être un expert de niche ou alors il se fout de votre g*. Lisez Self-Proclaimed Social Media Gurus on Twitter Multiplying Like Rabbits.
* Un expert en e-notoriété ? Googlisez son nom et analysez les résultats. Sa e-réputation se doit être nickel. Et ça vous permet de tester la longevité du bonhomme. Quoi ? Seulement 3000 résultats ? Il a découvert le web avant-hier ou quoi ?

Devenir influent ?

L’influence s’adapte à la loi du média : d’une stratégie du message standardisé, massif et persuasif à de multiples tactiques d’alliance, réseaux, reprise, réputation, adaptées aux configurations changeantes du nouveau Web.

Sciences

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Les vertiges de la technoscience. Façonner le monde atome par atome

” Pour B. Bensaude-Vincent, la technoscience est bien plus que l’avènement d’un nouveau champ pour la connaissance, c’est un véritable changement de régime, qui nous appelle à réévaluer toutes les notions et les distinctions sur lesquelles s’est fondée la découverte scientifique. Mais on peut penser qu’une telle manière de juger de l’histoire des sciences cède trop facilement aux mirages du postmodernisme”…Transhumanisme, nanotechnologies, convergence…

> Le best-of d’Owni (via PostRank) :

> Le dernier Best-Of publié sur la soucoupe

> Tous les (trops rares ;) ) WeeklyBest

> Les Top d’Aaaliens (fonctionne sur n’importe quel mot-clef)

> Le prochain WeryBest intégrera la sélection de la rédaction /-)

> Vous souhaitez partager un lien ? n’hésitez pas à le faire ici en commentaire !

Pour les fans : une page de photos volées qui sera actualisée en temps-réel, photos d’un chantier de design auquel nous vous inviterons ; celui de la V2 d’Owni !

Crédits Images (dans l’ordre d’apparition)

[image CC Fesoj]

[image CC topgold]

[image CC laurenlemon]

[image CC Balakov]

[image CC Brajeshwar]

[image Copyright Geoffrey Dorne sur jaffiche.fr]

[image CC Belgapixel's]

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http://owni.fr/2010/02/26/the-weeklybest-11-selection-aaaliens-bestof-owni/feed/ 0
Lettre ouverte aux maisons de disques même si elles ont rien demandé http://owni.fr/2010/02/18/lettre-ouverte-aux-maisons-de-disques-meme-si-elles-ont-rien-demande/ http://owni.fr/2010/02/18/lettre-ouverte-aux-maisons-de-disques-meme-si-elles-ont-rien-demande/#comments Thu, 18 Feb 2010 19:07:16 +0000 Virginie Berger http://owni.fr/?p=8526

Il y a presque 10 ans, je passais un entretien avec le Directeur Général d’une maison de disques pour un poste de responsable marketing interactif (oui, à l’époque le marketing était interactif). Lorsque nous avons abordé le sujet Napster, toute jeune et naïve que j’étais, je lui dis qu’il fallait utiliser Napster comme outil de promotion, et que grâce à cet outil, les artistes pourraient beaucoup plus facilement rencontrer, toucher leurs fans…Que n’ai-je  dit !!! Je n’étais pas loin du « Vade retro satanas !» Outre le fait que j’avais complètement planté mon entretien, mon interlocuteur m’a expliqué que « le public on s’en fout », que « seule la défense des droits compte » et que « le CD est et restera le seul et unique format de musique…. » Et puis c’est tout.

10 ans plus tard, rien n’a changé… Lorsque je discute avec ces mêmes interlocuteurs (oui, les personnes qui nous avaient dit avoir tué le piratage en fermant Napster il y a 10 ans sont toujours en place), nous avons toujours les mêmes discussions… Entre le « je ne vois pas quelles erreurs nous avons bien pu faire depuis 10 ans » à « Tu sais Virginie, le marketing online pour la musique ne sert à rien » (ces deux citations, véridiques sont l’œuvre d’un DG de major en 2009), l’après Napster  n’a toujours pas eu lieu….

Je ne veux pas faire ma vétérante, mais cela fait maintenant un bout de temps que je traîne dans la musique. En 1997, je finissais mes études aux Etats Unis et je découvrais MP3.com. En 2000, j’étais sur Napster. J’ai ensuite travaillé dans des groupes de télé, de radio, sur le web avec un poste toujours en relation avec la musique et les maisons de disques. Depuis 10 ans, j’assiste, voire même je participe aux différentes tentatives de « sauvetage » de la musique, comme le  Napster to Go, les plates formes lancées par les majors multi sécurisées, non interopérables avec des catalogues non commun, les deals 360, le Comes with Music, le Starbucks Music, MySpace, Spotify….

Mais aucune de ces tentatives n’a été le futur de la musique. Et Spotify ne le sera pas plus que les autres. Je me souviens en avoir discuté l’été dernier avec un patron de la stratégie d’une maison de disque. Il me disait vouloir travailler en exclu avec Spotify car c’était vraiment « l’avenir de la musique ». « Ah oui, lui ai-je répondu, pour toi l’avenir c’est une écoute gratuite basée sur du revenu pub ? »…

La seule chose dont on peut être certain, c’est que Spotify n’est en aucun cas le futur de la musique. Peut-être parce qu’il n’y a pas de futur dans la musique. En tout cas, il n’y a pas de futur pour l’industrie de la musique actuelle. Pas telle qu’elle évolue actuellement…Et puis, c’est quoi l’industrie de la musique ? Des centaines d’acteurs fragmentés par secteur, par fonction ou par genre…

Qu’est ce qui a tué l’industrie musicale ? L’arrogance. L’arrogance d’être certain que rien ne changera, que ça ne sert à rien de chercher à anticiper le mouvement. L’arrogance de croire que tout se réglera à coup de procès ou de lois. L’arrogance de croire qu’on a pas besoin de chercher à comprendre ou changer…

Mes amis des maisons de disques, il faut comprendre dès maintenant que nous ne sommes plus dans un business de ventes de CD, mais dans un business de création de valeur autour de la musique. Une fois que vous aurez compris ce changement, je vous assure que le reste suivra beaucoup plus facilement…

Vous avez dépensé des millions de $$ en stratégies inadaptées et mal conduites, en lobbying, en pratiques complètement dépassées. Sans compter le temps perdu. Il serait temps que vous vous intéressiez et intégriez vraiment ce qui arrive. Ce n’est plus comment ça devait être, ni comme vous voulez que ça soit, ni comme cela devrait être…C’est juste que c’est comme ça. S’adapter ou mourir.

Permettez-moi donc de vous faire part de quelques petites réflexions qui me trottent dans la tête depuis fort longtemps. Loin de moi l’idée de vous donner des leçons. Ce n’est ni mon rôle, ni mon job. Il s’agit simplement de réflexions, mûrement constatées par quelqu’un de complètement dépitée par le tour que prennent les choses.

Connaissez votre environnement : Je suis extrêmement étonnée par la place donnée au digital dans les maisons de disques. On a les chefs de projets et les chefs de projets digitaux. La promo et la promo web, les ventes et les ventes digitales. Comme si le digital était un support mineur, qui nécessite d’être traité différemment et surtout d’être éloigné de tout autre contact avec les équipes….C’est étonnant. Le digital est un composant du mix marketing, et un moyen de distribution. Il doit donc être intégré, de la réflexion stratégique à l’opérationnel. Il n’y a pas de chefs de projets tv ou de chef de projet radio, alors pourquoi des chefs de projets  digitaux ?  Le digital est par nature transversal, un support de la création aux ventes. Il starte une promo, soutient les ventes. Alors intégrez-le, pour de vrai….

Préparez vos équipes : Le NY Times a demandé récemment à ses équipes de se mettre sérieusement au digital ou de partir…Faites la même chose. Comment pouvez réellement comprendre et assimiler le marché si vous ne le comprenez pas, si vous ne cherchez pas à l’anticiper, à intégrer théories et cases studies. Quand je parle CwF et RtB, de segmentation des fans, de freemium, d’accès à la musique, de datamining, on me regarde très bizarrement. C’est-à-dire que ces différents concepts, qui sont connus, reconnus et testés, fondateurs du music marketing moderne sont inconnus par les premiers qui sont sensés les appliquer. La plupart du temps, on me parle de playlist nrj et de passage au Grand Journal. Voilà la stratégie marketing en maisons de disque…Sans aucune réflexion stratégique en amont…

Alors c’est vrai que l’exemple doit venir d’en haut… Et quand le haut se vante de ne rien comprendre au digital, de ne pas l’utiliser, crache sur Facebook ou Twitter (image bien entendu) et que « que toute façon on en a pas besoin  et que c’est inutile»,  c’est quand même très problématique (exemples entendus maintes en fois encore la semaine dernière…).

Assumez ce que vous êtes : Des marchands de tapis. Vous vendez de la musique, vous gagnez de l’argent sur la musique, vous êtes donc des marchands de tapis. Et ce n’est pas péjoratif, c’est juste la réalité. C’est du commercial. On fixe un prix à un produit et on le vend. Je ne rentrerai pas dans la sphère artistique, ça a un côté un peu magique, artisanal…mais ensuite, quand vous décidez de vendre un artiste, vendez le vraiment, en mettez toutes les chances de votre côté. Ce n’est parce qu’on est dans la musique, qu’on est cool, qu’on porte des baskets et qu’on se fait la bise que le business n’est pas  sérieux…

Par exemple, travaillez vraiment votre marketing comme du marketing, et non comme de la promo. Travaillez le marketing comme on le pratique chez Microsoft, Apple ou Unilever.

Le marketing ce n’est pas sale, ce n’est pas mauvais, il ne s’insère pas dans l’artistique mais il vous aide à le vendre. C’est un peu le but non ?

En résumé :

-          Définissez vos consommateurs par produit

-          Etablissez vos objectifs : qu’est ce que vous voulez faire ?

-          Définissez votre offre pour atteindre ces objectifs : créer des produits qui vous permettent d’atteindre ces objectifs

-          Créez les sites web, contenus, landing pages, etc… : objectif : intégrer les fans dans le cycle de ventes

-          Collectez vos données

-          Mesurez vos performances : d’où vient le consommateur, quels produits achètent ils, etc..

-          Optimisez votre campagne

-          Répéter, améliorer, expérimenter

Investissez dans la R et D : Concentrez-vous sur la technologie, la mobilité, les nouveaux modèles publicitaires et les analytics.

Donc développez des API, intégrez Facebook connect, Google connect, la syndication de contenus aux sites artistes.

Ne suivez pas EMI, décentralisez la distribution via des players embed (60% du traffic de Youtube). Utilisez le player SoundCloud qui vous permet d’avoir accès à des analytics de grande qualité. Permettez à vos consommateurs de faire votre marketing.

Pensez RSS, Feeds, XML, API et pas MTV.

Les datas sont le « new gold » : Comprenez que vous pouvez faire de l’argent autour de la musique, pas forcément que sur la musique. Réfléchissez à des business models basé sur le dataming, les nouvelles générations de pub, le branded content personnalisé, le targeting comportemental

Comprenez que le futur de la musique c’est la mobilité, la découverte et le social et c’est tout : Licencier donc l’accès la musique au lieu de simplement vendre des copies: Inventez de nouveaux systèmes de revenus impliquant des ISP, des opérateurs télécoms, des opérateurs mobiles, des moteurs de recherche. Partagez les revenus

Déployez des applications mobiles partout (Iphone, Android, Symbian, Windows). Que ce soit pour des remixes, des mash-ups des playlist, des applications musiques pour les réseaux sociaux, des radios digitales…

Pensez encore une fois en terme d’accès à la musique et de freemium. Le streaming gratuit ok, mais le taux de conversion au payant doit au moins être à 2 chiffres. Comment ? En proposant pour les versions payantes des versions haute def, des concerts, des webcasts, des produits spéciaux (D2F), des compilations digitales

Intégrez les concepts de mise en avant de nouveaux talents. Intégrez les blogueurs, lancez des radios thématiques « Connectez et développez ». Regardez ce que fait Bandcamp, ils commencent à prendre le lead dans ce domaine.

Pour la plupart des gens, les maisons de disques sont le mal, représentées par Pascal Nègre, Obispo, la starac  ou Zazie. Les pirates ont donc l’impression de faire œuvre de bien public, en piratant une industrie qui n’hésitent pas à afficher un salaire à 6 chiffres par mois (Nègre/Universal), à balancer de la musique jetable (Starac et autres) ou a comparer les pirates à des nazis (Lameignère/Sony). Les considérations artistiques ne rentrent pas en ligne de compte. Pour la plupart, « on pirate une industrie qui en a bien profité pendant des années », ou qui « se fait du fric sur les dos des consommateurs ». Bref, pour le grand public, tout est de votre faute.

Donc arrêtez de faire enrager vos potentiels acheteurs mais engagez les. Maintenant ! Engagez la conversation, créez un blog, soyez transparent. Transparence = confiance. Pour les utilisateurs comme pour les artistes.

Comprenez bien que votre plus gros problème, ce n’est pas le piratage mais l’obscurité. L’engagement crée l’attention qui crée la monétisation.

A côté de l’engagement, la clé du succès est la différenciation… Nous avons maintenant les outils qui nous permettent de créer des business models customisés pour chaque artiste label, public, services…Le business model unique n’existe plus.

Alors pourquoi ne le faites-vous pas ?

La technologie n’est pas magique, elle ne va pas résoudre un problème business. Pensez l’environnement digital comme un lego.

Rentrez en concurrence avec le gratuit, justement parce que ce que vous offrez n’est pas gratuit. Pour la plupart des gens, copier un CD, c’est gratuit, charger sur une clé USB, c’est gratuit, mais la connexion avec l’artiste, l’expérience créée autour de la musique, les valeurs ajoutées comme les vidéos, films, jeux, chats, livres, concerts et merchandising, en bref  le contexte (!!!) – tout cela n’est pas gratuit.

Il faut cesser avec cette obsession de vouloir faire de l’argent avec chaque copie, au lieu de fournir un accès global à la musique, un contexte qui donnera envie d’acheter.

Adaptez-vous : Résistez donc à la tentation de demander des MG monstrueuses et inadaptées, de refuser les accès aux catalogues sans aucune raison (à part celle du contrôle unique du marché), de poursuivre vos consommateurs, d’être inflexible sur les prix, de refuser tout standard technologique, d’être complètement obscur sur vos politiques de licences, de détruire la protection à la vie privée…Car plus personne ne vous suivra. A moins que cela ne soit votre stratégie.

Résistez également à la tentation des formats protégés. Si il y a quelques années vous n’aviez pas imposé les DRM, vous n’auriez pas créé tout seul le monstre Itunes.  Alors autorisez les systèmes open.

Et laisser la place à des talents qui viennent de l’extérieur… Hotmail a changé les emails, des étudiants de stanford ont lancé Google, ou Facebook… L’innovation vient souvent de l’extérieur…

Bref, n’attendez pas qu’on vous sauve, mais prenez vous en mains.

Scott Fitzgerald disait :

“The test of a first-rate intelligence is the ability to hold two opposed ideas in the mind at the same time, and still retain the ability to function”.

Dont acte.

» Article initialement publié sur Digitalmusic.tumblr.com

» Illustration de page d’accueil par PACMan3000 sur Flickr

» Illustration par Beverly & Pack sur Flickr

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Quand un Belge installe sa start-up dans le même building que Twitter … http://owni.fr/2010/02/11/belgique-publitweet-twitter-xavier-damman/ http://owni.fr/2010/02/11/belgique-publitweet-twitter-xavier-damman/#comments Thu, 11 Feb 2010 14:30:05 +0000 Damien Van Achter http://owni.fr/?p=8004 Discussion screencastée avec Xavier Damman, jeune Belge expatrié à San Francisco depuis juillet 2009. Il y est question de sa start-up Publitweet, de son business model, de ses premiers clients, des ses bureaux dans le même bâtiment que Twitter et, accessoirement, de son avis à propos de Buzz, le nouveau produit Real-Time lancé par Google en début de semaine.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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On achève bien d’imprimer http://owni.fr/2010/02/08/on-acheve-bien-dimprimer/ http://owni.fr/2010/02/08/on-acheve-bien-dimprimer/#comments Mon, 08 Feb 2010 09:08:12 +0000 JCFeraud http://owni.fr/?p=7730

Les amis de la forêt qui n’ont pas pardonné à Gutenberg l’invention de la presse à imprimer en l’an de grâce 1440 peuvent dire merci à Internet. La révolution numérique est en train de mettre fin à la civilisation du papier en dématérialisant nos échanges à la vitesse de 100 megabits par seconde, bientôt beaucoup plus.Fax, lettres d’amour, cartes postales, déclarations de revenus, livres et journaux imprimés… Avant dix ans, peut-être moins, ces millions de tonnes de paperasse – que l’on s’efforce encore de recycler pour épargner ce qu’il reste de la Selva amazonienne et de nos forêts primaires européennes – seront reléguées au rayon des antiquités. Comme avant elle les tablettes d’argile de Babylone et Summer, les papyrus des pharaons, et les stelles de marbre gréco-romaines.

Avec l’incroyable boom des smartphones (Selon Gartner, 525 millions d’unités seront vendues en 2010, contre 179 millions en 2009 !) et l’avènement de la Sainte Tablette d’Apple (Gfk prévoit que la firme à la pomme devrait écouler 4 millions d’iPad dès cette année), l’humanité va en effet entrer dans l’ère de l’écran tactile portatif omniprésent. Regardez autour de vous : dans le métro, dans la rue, au bureau, le lecteur de “Libé” ou du “Monde” version papier se fait rare et vieillissant. Bientôt je serai le dernier des Mohicans avec quelques autres membres du club des nostalgiques de la presse old school. Résultat, la diffusion des quotidiens s’effrite inexorablement : encore – 3,9 % en 2009 pour l’ensemble des quotidiens nationaux selon les derniers chiffres de l’OJD, avec des pointes à – 10 % pour certains titres. D’ailleurs depuis que j’ai cédé à la pression du progrès et de la conformité, je feuillette plus distraitement mon canard préféré pour tapoter de plus en plus fréquemment sur l’écran de mon iPhone et faire défiler frénétiquement les news et les liens internet. Car comme d’autres confrères mutants, je suis devenu un TweetJournaliste accro à l’internet en temps réel. C’est ainsi…

Cela fera sans doute de la peine aux amoureux de la chose imprimée, mais cette dématérialisation de l’écrit est un mouvement inéluctable, l’une de ces révolutions technologiques qui pavent magistralement l’Histoire tous les deux ou trois siècles.

Il suffit d’observer le comportement média des moins de trente ans, cette génération de “digital native” a laquelle j’ai consacré ce récent billet : ils ne savent déjà plus ce qu’est un kiosque à journaux, ni un timbre poste et encore moins un fax… Et demain, hypnotisés par la multiplication des écrans, cette incroyable Bibliothèque d’Alexandrie numérique qu’est devenu le Web et cette merveilleuse fluidité du savoir à portée de clic, ils fréquenteront peut-être de moins en moins aussi les librairies. Avant dix ans, dans les pays développés, la chose imprimée deviendra peut-être paradoxalement un produit de luxe, une vitrine réservée à certains journaux élitistes comme “Le Monde” et “Les Echos” qui tireront des éditions limitées à quelques milliers d’exemplaires.

Nul besoin d’être grand clerc pour savoir que les médias diffuseront toute l’info (texte, son, vidéo HD, 3D…) en temps réel sur des terminaux nomades de plus en plus légers et ergonomiques, qui seront comme un prolongement cybernétique de nous même. Cete révolution est déjà en marche sur l’iPhone et les Blackberry. Dans l’édition, idem : le papier sera un jour réservé aux premiers tirages de la rentrée littéraire et aux beaux livres, l’essentiel de la production étant disponible sur les “readers” et autres tablettes numériques… On téléchargera bientôt le dernier opus noir et déjanté de l’immense James Ellroy comme on commande une pizza.Sauf à réserver une belle version reliée vendue trois fois plus cher. C’est inéluctable avec le cyberlibraire Amazon qui pousse pour faire tomber le prix moyen du livre à 9,99 dollars, de la même manière qu’Apple a imposé la chanson à 0,99 cents sur son magasin iTunes.

Car derrière le bel argumentaire “Green” qui monte qui monte“Hou c’est pas bien tout ce formidable gaspillage de papier qui menace le poumon de la Terre que sont nos forêts” - la logique économique de la dématérialisation est bien plus implacable. Imaginez : quand on achète un quotidien 1,30 euros, près de 80 centimes partent en papier, coûts d’impression et de distribution. L’équation est la même pour le livre : 70 % du prix d’un ouvrage sont aujourd’hui captés par la chaîne qui l’amène jusqu’à l’étal du libraire (voir ce joli graphique sur le site du Syndicat national de l’édition) ! En se passant de cette relique millénaire que tend à devenir le papier, les industries de la presse et de l’édition peuvent espérer d’énormes gains de productivité et de belles marges retrouvées…à condition de trouver enfin un modèle économique online. Evidemment, il y aura encore de la casse sociale : des centaines de milliers d’emplois à travers le monde dans l’industrie du papier, l’imprimerie, la presse et l’édition disparaîtront dans les oubliettes du “progrès”.

Ce n’est pas pour rien que le “puissant” syndicat du Livre CGT, qui n’est déjà plus que l’ombre de lui-même, s’accroche à son statut et à ses postes. Un combat désespéré et perdu d’avance qui contribue à plomber les comptes des journaux. Mais c’est ainsi que meurt un vieux métier qui fut longtemps celui de l’aristocratie de la classe ouvrière.

Mais avant de profiter de la dématérialisation, les médias et l’édition devront bien sûr convaincre le consommateur numérique qu’il faut payer pour voir quand la culture de la gratuité est devenu la norme sur internet. Et là pour le moment c’est une autre histoire. Pour la majorité des lecteurs, le kiosque à journaux s’appelle maintenant Google News et il reste pour l’heure totalement gratuit.

La fameuse Tablette iPad d’Apple pourrait contribuer à cette évangélisation, tout comme l’iPod et l’iPhone ont amené des millions de fans de musique à délaisser les sites “peer to peer” et à acheter leur musique en ligne en toute légalité.

La pression mise par Citizen Murdoch et d’autres pourrait aussi changer la donne si la presse parvient à faire front commun contre “le vampire Google” comme l’appelle Rupert : menacés d’un boycott massif de la part des journaux au profit de Bing (Microsoft) ou d’un autre, le géant de l’internet acceptera peut-être un jour de reverser une sorte de “licence globale” à la presse en échange de la mise en ligne de ses articles. Assis sur un tas d’or publicitaire, les maîtres de l’internet seront invités à partager – un tout petit peu – pour que vivent les industries culturelles. Ce ne serait pas scandaleux dans la mesure où ils vivent plutôt grassement des contenus auxquels ils donnent certes accès, mais sans verser un cent pour les produire.

Pour le vieux monde de l’imprimé, il y a en tous cas urgence à se défaire peu à peu de ses derniers oripeaux de papier. Question de survie, plus que d’écologie. Car l’homo numeris d’aujourd’hui en pince bien moins aujourd’hui pour la sève des arbres que pour le flux d’informations qui défile sur l’écran de son smartphone… Google construit d’ailleurs déjà son meilleur monde numérisé sur les ruines de l’imprimé : début 2009, la firme californienne a carrément racheté une usine de pâte à papier au finlandais Stora Enso pour la modique somme de 50 millions de dollars… Pas pour alimenter les rotatives des « Echos » ou fournir les pages du prochain Goncourt. Non, cette fabrique située au milieu des forêts septentrionales de Summa Mile a été rasée pour construire un nouveau « data center » ! L’une de ces fameuses « fermes » de serveurs informatiques que Google essaime aux quatre coins de la planète pour indexer sans relâche la Toile et faire tourner son moteur de recherche à plein régime. C’est ce qui s’appelle avoir le sens du symbole et de l’Histoire avec un grand H. Ce bon vieux Gutenberg doit évidemment se retourner dans sa tombe, mais on n’arrête pas le progrès…

Jean-Christophe Féraud

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